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Petite révolution dans le monde de l’approvisionnement gouvernemental en TI

Je ne suis pas du genre à abuser du mot “révolution”. En fait, je crois bien que c’est la première fois que je qualifie quelque chose de révolutionnaire publiquement. Le monde de l’approvisionnement gouvernemental en technologie de l’information, célèbre pour ses échecs cuisant et extrêmement coûteux, semble pourtant à l’aube d’une petite révolution.

Suivant le leadership du gouvernement britannique avec gov.uk (dont j’ai déjà décrit les initiatives), le gouvernement américain a mis sur pied une équipe d’élite de 5 personnes pour réparer le site web healthcare.gov, qui, malgré un coût de développement de centaines de millions de dollars, avaient d’énormes problèmes de performance et de fiabilité.

Une équipe permanente

The Atlantic nous apprenait récemment que l’équipe de spécialistes web mis en place pour sauver healthcare.gov du désastre est maintenant devenue une équipe permanente appelée U.S. Digital Service. (Plus précisément, l’équipe en question semble avoir sa propre identité : 18F

Depuis, cette équipe qui multiplie les exploits : ils réussissent avec quelques millions de dollars là où d’autres ont échoué avec des milliards. On comprend l’enthousiasme de Barak Obama.

Comment? Technologiquement, leur approche est très moderne (ils utilisent massivement le cloud), leur méthodologie est agile et ils s’attardent à l’expérience utilisateur.

La fin de l’approvisionnement ?

Concevoir une solution technologique qui répond aux besoins des utilisateurs, la décrire dans un document d’appel d’offres, sélectionner le meilleur fournisseur de service et réussir à livrer une solution fonctionnelle est très difficile. Je suis bien placé pour en parler, car je gagne ma vie en faisant exactement ça!

Il suffit d’un petit grain de sable pour faire tout dérailler ce processus d’approvisionnement :

  • Un besoin mal identifié,
  • Une limitation technologique inconnue,
  • Des exigences trop strictes dans l’appel d’offres
  • Un mauvais soumissionnaire qui réussit à l’emporter en ayant le prix le plus bas (qui peut être tout de même très élevé).
  • Etc.

L’approche du U.S. Digital Service et du Gouvernent Digital Service (UK) est diamétralement opposée. Leur approche est de simplement faire ce qu’il faut pour que ça marche, sans appel d’offres, en cherchant à répondre aux besoins des utilisateurs plutôt que les besoins du gouvernement. Leur devise? “Always be shipping”.

À quand l’équivalent au Québec?

Je crois qu’on est mûr pour ça, après avoir dépensé des centaines de millions dans toute sorte de projets déficients et coûteux comme le dossier médical électronique. D’autant plus que c’est probablement la pointe de l’iceberg.

En tout cas, je suis partant pour aider à mettre ça en place si ça intéresse quelqu’un.